Eric Turquin, le gentleman qui détecte les tableaux de maître

L’aisance de classe est, juste après sa connaissance exceptionnelle de la peinture, des primitifs italiens jusqu’au 19ème siècle.e siècle, l’autre atout d’Eric Turquin. A 69 ans, cet expert indépendant vante avec emphase sa dernière découverte, une Lecture de philosophe, par Fragonard, disparu depuis plus de deux cents ans, qui sera mis aux enchères à Epernay (Marne) le 26 juin.

« Un chef-d’œuvre sauvé de l’oubli », je connais il vante sur son site Internet, qui souligne la force de son cabinet, fondé en 1987 : une équipe de neuf personnes, assistées de consultants, qui réalisent environ 15 000 expertises par an. « Nous sommes devenus une usine de découvertes », enflamme l’homme au costume croisé, dont l’enthousiasme de jongleur est déterminant pour déterminer la valeur d’une œuvre mise aux enchères. « Regardez ce philosophe : il ne lit pas, en réalité, il réfléchit sur le texte ! C’est toute la légèreté et la virtuosité du Siècle des Lumières réunies ! “

A un taux de 5% prélevé sur le produit des ventes, son entreprise prospéra. Alors que les spécialistes Christie’s et Sotheby’s dominent le marché aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et un peu partout dans le monde, Eric Turquin est ce petit Français qui s’impose aux mastodontes.

Coups de maître

La firme Turquin s’est fait une spécialité de ces redécouvertes. Son bras droit, Stéphane Pinta, par exemple, a identifié la touche de Cimabue, un peintre rarissime du XIIIe siècle.e siècle, derrière une scène religieuse accrochée dans une cuisine de Compiègne. Dûment réaffecté, le jury est adjugé pour 24 millions d’euros, la plus haute enchère de France en 2019. C’est encore son cabinet qui, la même année, a repéré la patte d’un très confidentiel tchèque, le maître de Vyšši Brod, derrière une Madone et Enfant. Bingo : la table se vend 6,2 millions d’euros à Dijon.

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Aîné d’une famille de l’aristocratie agricole de l’Aisne, à Quincy-Basse, Eric Turquin abandonne la gestion forestière pour devenir une figure de proue du marché de la peinture ancienne. Déjouer le destin tout tracé par son père – « Il voulait que je sois haut fonctionnaire, j’ai participé au concours de Sciences Po » – Eric Turquin fait son droit, puis s’inscrit à l’Ecole du Louvre. Reçu à l’examen de commissaire-priseur, il opte pour l’expertise. Sa sensibilité naturelle l’attire vers l’art contemporain.

Suite « Par opportunisme », Il concède, il se rabat sur la peinture ancienne : la moyenne d’âge des connaisseurs était alors élevée, la concurrence moins féroce. Le Rastignac peut espérer faire son trou. De ce choix stratégique, il fera une passion. Engagé en 1979 chez Sotheby’s, à Londres, comme catalogueur, le jeune homme gravit les échelons pour diriger en 1985 le département des tableaux anciens.

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