Création de Wild West, la société française de production de cinéma de genre

« Le plus gros film d’horreur avec le plus gros budget est le monde tel qu’il est aujourd’hui. Ce serait dommage que l’imagination des cinéastes soit moins puissante que l’état du monde ! “, lance Thierry Lounas, producteur et distributeur de Capricci, pour résumer l’esprit du label de cinéma nouveau genre Wild West : créé avec Vincent Maraval, producteur et distributeur de Wild Bunch, il vise à faire émerger une nouvelle vague de films français naviguant entre le réel et fantastique, c’est-à-dire lié aux turbulences de l’époque.

La création de Wild West sera officiellement annoncée mercredi 9 juin à Bordeaux, siège de la nouvelle société, où douze projets de longs métrages seront dévoilés. La société d’effets spéciaux Digital District, dirigée par Daniel Danesi, ouvre une antenne bordelaise (Digital Bordeaux) afin de travailler au plus près des auteurs.

Dans le monde du cinéma, Capricci était considéré comme un chercheur en chef lorsque la mini-major Wild Bunch, fondée par des anciens du Studio Canal, a élargi sa palette du film d’auteur à la comédie familiale. En 2016, Thierry Lounas fonde la résidence laboratoire genre Sofilm, d’où est sorti le premier « long-métrage » de Just Philippot, Le nuage (2020), avec Suliane Brahim, de la Comédie-Française (elle sera en salles le 16 juin). L’histoire d’une éleveuse de sauterelles qui, incapable de joindre les deux bouts, se met à gaver ses insectes d’une étrange manière.

De son côté, Wild Bunch a vendu à l’international Tombe (2016), premier long métrage de Julia Ducournau interrogeant l’anthropophagie et le fantasme érotique de dévorer chez une jeune fille en train de devenir adulte – son deuxième « long métrage », Titane, avec Agathe Rousselle et Vincent Lindon, vient d’être sélectionné en compétition à Cannes.

Aiguiser l’imagination

Avec Sofilm de genre, Thierry Lounas a ouvert une brèche que d’autres producteurs empruntent aujourd’hui. Pour rappel, en janvier, la société Parasomnia productions est née de l’association de Marc Missonnier (Fidélité productions) avec le patron de Sony Pictures France, Stéphane Huard. Trois projets de longs métrages, entièrement financés par Sony à hauteur d’un million d’euros, sont en chantier, avec un objectif de sortie en salles en 2022. Il s’agit aussi de faire envie à un jeune public – connu pour sortir des salles – d’aller voir un film sur grand écran.

Thierry Lounas, co-fondateur de Wild West : « La nouvelle vague française sera de genre ou pas »

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