L’Espagne adopte une loi pionnière sur la protection de l’enfance

« Pour moi, c’est trop tard. Pour les autres enfants, non. “ Il y a un an, le pianiste britannique James Rhodes résumait son combat, aux côtés de nombreuses ONG, pour l’Espagne, le pays où il vit, pour adopter une loi ambitieuse sur la protection de l’enfance. L’artiste a dit dans son autobiographie, Instrumental (publié par Canongate Books Ltd en 2015, non traduit), dont il a été victime dès l’âge de 6 ans par un professeur de sport. Ce vendredi 25 juin, cette législation, plus connue sous le nom de « loi de Rhodes », est entrée en vigueur.

Après dix ans de travail entre experts et partis politiques, cette loi organique, approuvée le 20 mai au Parlement espagnol (297 voix pour et 52 contre – celles du parti d’extrême droite Vox) aborde toutes les facettes de la violence à l’encontre des enfants, de la prévention réparation par le biais d’une détection précoce ou d’une protection judiciaire. Considéré comme un « pionnier » par les principales ONG pour son approche « intégrale », il modifie seize lois existantes, implique la quasi-totalité des ministères et oblige les administrations à développer une stratégie de sensibilisation et de lutte contre ces violences.

« Un rapport des Nations Unies de 2006 sur les lieux où la violence contre les enfants est principalement commise a conclu qu’elle est évitable. Il a inspiré l’esprit du texte, qui fixe des mesures dans tous les environnements dans lesquels évoluent les enfants : écoles, centres de loisirs et de sports, médecine, police, tribunaux, etc. », souligne Almudena Olaguibel, spécialiste de la politique de l’enfance au sein de la branche espagnole de l’Unicef.

« La violence à l’encontre des enfants ne saurait être combattue uniquement par une réforme du code pénal, elle doit être prise en compte dans une perspective globale et inclure l’ensemble de la société », ajoute Sonsoles Bartolomé, directeur juridique de la fondation d’aide à l’enfance et à l’adolescence en danger (ANAR), qui peut être contactée de manière anonyme.

Une « obligation de porter plainte »

La loi introduit néanmoins quelques changements en matière pénale. Pour tenir compte de la difficulté des victimes à libérer leur parole, elle repousse ainsi les délais de prescription des abus et agressions sexuelles commis sur des enfants, qui ne commenceront à courir qu’à 35 ans, et non plus à leur majorité. . .

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Autre changement crucial : la loi institue un « Obligation de porter plainte » pour toute personne qui connaît ou soupçonne des actes de violence contre des mineurs, y compris sur Internet. Un devoir dit ” renforcé Pour les enseignants ou les médecins. « Chacun doit comprendre qu’il a un rôle protecteur à jouer vis-à-vis des enfants, pour prévenir et identifier les violences, et former une chaîne qui renvoie l’information aux différents niveaux », souligne Mmoi Olaguibel. Personne ne doit penser que ces violences relèvent de la sphère privée ou domestique. “

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