Un élu voilé contraint de céder la présidence d’un bureau de vote à Vitry-sur-Seine

Peut-on porter le voile – ou tout autre symbole religieux ostensible – et présider un bureau de vote ? Evidemment non. C’est le sens de l’incident puis de la décision qui a eu lieu lors du premier tour des élections régionales et départementales, dimanche 20 juin, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Ce jour-là, Rachida Kabbouri, conseillère municipale Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de la ville préside le bureau 15 de l’école Jean-Jaurès. Elle est vêtue, comme à son habitude, d’un foulard qui couvre ses cheveux.

Au moins un électeur en est ému, comme elle l’a raconté dans le Parisien : « Une femme est entrée dans le bureau dont j’étais président. Elle m’a insulté, me traitant d’islamiste parce que je portais un foulard. “ Le monde essayé en vain d’atteindre l’élu. Il est donc impossible de savoir si ce type d’incident s’est produit plusieurs fois dans la journée.

Alertée, la préfecture du Val-de-Marne, garante du bon déroulement des élections dans tout le département, décide de réagir. « La présidence des bureaux de vote est assurée par le maire qui agit, les jours de scrutin, en qualité de représentant de l’Etat. Il a le pouvoir de déléguer à ses adjoints, mais l’obligation de neutralité qui lui est imposée par le code électoral et le code général des collectivités territoriales s’impose également à ses représentants., nous estimons à la préfecture. La « neutralité » invoquée par la préfecture interdit tout signe à la fois politique et religieux : une kippa ou encore une croix ostensiblement trop grande sont donc également interdites.

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Remplacé par un évaluateur

Le préfet a alors demandé au maire de Vitry-sur-Seine de relever M.moi Kabbouri de son poste de présidente et de la faire remplacer par l’assesseur le plus âgé présent. « Les évaluateurs ne sont pas tenus à cette neutralité », précise-t-on à la préfecture. C’est ainsi que Jordan Bardella, la tête de liste du Rassemblement national (RN), a posté une photo de lui signant la liste de présence sous le regard d’une femme voilée à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dimanche 20 juin.

Face à l’avalanche de propos islamophobes, le maire PS de Saint-Denis, Mathieu Hanotin a réagi par un message sur les réseaux sociaux dans lequel il a souligné que la neutralité religieuse n’est pas requise pour les évaluateurs et a conclu : « Ce qui n’a pas sa place dans notre démocratie, ce n’est pas qu’une femme qui porte le voile participe au bon déroulement des élections mais plutôt ce discours insupportable qui consiste à brandir le drapeau de la laïcité pour mieux stigmatiser telle ou telle religion. “

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