Apocalypse, dieu de la malice, vengeance maternelle et gym revigorante : nos idées de séries

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Les plateformes sont bien évidemment déterminées à ne pas laisser les vacanciers se priver de provisions, d’où la riche récolte de la semaine. Dans son sac, on pourrait tout aussi bien ranger une surprenante série d’anticipation que le remake britannique d’un classique du cinéma français, la nouvelle série Marvel, ainsi qu’un regard ironique et lucide sur la vie d’une femme au foyer américaine à l’époque. par Ronald Reagan.

« Sweet Tooth » : une apocalypse naïve, tragique et charmante

Le marché de l’apocalypse est saturé. Nucléaire, interplanétaire, climatique ou viral, on voit autant passer d’une plateforme à l’autre que de la publicité pour des appareils auditifs à la césure de « Question pour un champion ». De cette surabondance est née une méfiance qui Dent sucrée vient se briser. Adaptée d’une bande dessinée de Jeff Lemire par un réalisateur et scénariste du cinéma indépendant américain, Jim Mickle, la série met en scène les aventures de Gus (Christian Convery), dit « Sweet Tooth », un enfant mutant né au plus fort de la pandémie qui a balayé la majorité de l’humanité. Gus n’est pas le seul mutant. Le petit garçon porte des bois de cerf, d’autres mélangent une figure humaine avec des traits de cochon, de mouton ou de félin. Élevé loin de ce qui reste de la société masculine par un père méfiant, Gus doit finalement quitter son refuge.

Si on liste les ingrédients de la série – un jeune héros très mignon, un acolyte, ex-footballeur américain reconverti dans la chasse hybride, bien plus sympathique qu’il n’en a l’air (Nonso Anozie), un jeune guérillero qui veut venir en aide aux mutants , une organisation paramilitaire qui semble revenir du Capitole au lendemain du 6 janvier, on n’aura aucune idée de l’originalité et du charme de Dent sucrée. Celles-ci sont dues à la grâce et à la fluidité avec lesquelles Jim Mickle (qui a également réalisé plus de la moitié des épisodes) et son équipe équilibrent terreur et naïveté, l’ivresse de la fiction et le poids de la prophétie, pour produire une histoire qui doit autant à Mark Twain comme pour Richard Matheson. Thomas Sotinel

« Sweet Tooth », série créée par Jim Mickle avec Nonso Anozie, Christian Convery, Stefania LaVie Owen, Adeel Akhtar (États-Unis, 2021, 8 x 50 min). Netflix, à la demande.

« The Beast Must Die » : la vengeance est un plat qui réchauffe

Il y a bien sûr le plaisir de retrouver des acteurs aux visages familiers, à défaut de connaître leur nom : Cush Jumbo, l’étonnant Lucca Quinn dans Le bon combat, Jared Harris, vu dans Tchernobyl, et même Billy Howle, qui joue entre autres dans Le serpent. Il y a aussi la curiosité de voir le roman de Cecil Day-Lewis, déjà adapté par Claude Chabrol en 1969, transposé sur l’île de Wight aujourd’hui. Est-ce suffisant pour placer La bête doit mourir au-dessus du lot annuel de thrillers britanniques ? On peut les aimer – surtout leurs acteurs, quand ils sont anglais – les séries policières par nature ont tendance à combiner les mêmes ingrédients de toutes les manières.

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