L’Ile-de-France de plus en plus séduite par la droite classique

Il fut un temps où l’Ile-de-France, gouvernée pendant dix-sept ans par le socialiste Jean-Paul Huchon, était considérée comme une « Bastion de la gauche ». « Arithmétiquement, sociologiquement, la région est à gauche », jugeait, il y a quelques semaines, la présidente sortante, Valérie Pécresse. Aux municipales de 2020, la socialiste Anne Hidalgo n’a-t-elle pas été réélue haut la main à Paris, comme l’ont été la plupart des maires de l’ancienne “banlieue rouge” ?

En réalité, l’Ile-de-France devient peu à peu un fief de la droite. Parce qu’il n’y a pas que Paris. Les communes de plus de 1 000 habitants de la région comptent une large majorité de maires de droite : environ 430, contre environ 130 pour la gauche, selon le score de l’Institut Paris Île-de-France. Et le premier tour des élections régionales et départementales, organisé dimanche 20 juin, montre une progression de la droite. Non seulement l’ancien ministre Sarkozyste entend garder les rênes de la première région française, mais la droite classique renforce au contraire son poids électoral, malgré la double concurrence de l’extrême droite et de la République en marche (LRM).

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Les chiffres sont frappants. En 2010, lorsqu’elle menait pour la première fois le combat en Ile-de-France au nom de la droite unie, M.moi Pécresse avait remporté 27,8% des voix au premier tour, et échoué au second. En 2015, son score initial était passé à 30,5%, et il avait fait basculer la région après un duel serré au second tour, battant le socialiste Claude Bartolone d’un montant relativement faible (43,8% contre 42,2%). Cette fois-ci, elle obtient 35,9% au premier tour.

Au total, les électeurs présents ont voté 13,1% pour l’extrême droite, 35,9% pour la droite classique, 11,8% pour LRM et seulement 35,8% pour les différents candidats de gauche et d’extrême gauche. Un rapport de force très favorable aux différents droits.

L’un des pires scores pour le RN

Plusieurs succès locaux enregistrés dimanche par la droite illustrent sa montée en puissance. Dans son fief des Yvelines, Mmoi Pécresse et sa majorité recueillent 43 % des voix aux élections régionales, et peuvent espérer remporter tous les sièges au conseil départemental, comme en 2015. Situation très favorable également dans le riche département des Hauts-de-Seine. Mmoi Pécresse arrive aussi en tête dans le Val-de-Marne, dernier département communiste de France, qui pourrait bien basculer à droite le 27 juin. La Seine-et-Marne, vaste département semi-rural qui était détenu par le Parti socialiste depuis dix ans avant de revenir à droite en 2015, s’ancre dans ce camp : en six ans, le score de Mmoi Pécresse au premier tour passe de 25 % à 36 %, alors que le total des gauches est réduit de 33,4 % à 29,3 % et que l’extrême droite chute fortement. Et même à Paris, chasse gardée des socialistes depuis 2001, la liste Pécresse termine sur la première marche du podium dans quinze arrondissements sur vingt.

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