à Paris, dans la jungle des terrasses de bars et de restaurants

La terrasse, encore clairsemée en milieu d’après-midi, s’étale comme un long serpent sur une quinzaine de mètres le long du trottoir, déborde sur la route, tourne au coin du café pour se prolonger dans la petite impasse, repasse sur le trottoir en face, tourner à nouveau avant de terminer quinze mètres plus loin, de l’autre côté du passage piéton. « Le nombre de tables ? je n’ai pas compté”, admet le propriétaire de ce bar à 20 anse arrondissement de Paris, dont la terrasse s’étend à perte de vue, avec du gel hydroalcoolique et une distance d’un mètre entre les tables.

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Depuis leur réouverture le 19 mai, les bars et restaurants sont soumis à un protocole sanitaire imposant des tables de six personnes maximum, et une jauge limitée à 50% de la capacité de la terrasse. Le 9 juin, ils pourront ouvrir les terrasses à 100% de leur capacité et les salles à 50%, avant de pouvoir accueillir sans limite de jauge ni convives par table le 30 juin. Alors que le couvre-feu passera à 11h30. Mercredi, les terrasses éphémères, pérennisées par la réforme des affichages et des terrasses annoncée lundi 7 juin par la mairie de Paris, devront fermer à 22 heures. plein, et les restaurateurs peinent à faire respecter les règles sanitaires.

« Voyez-vous une distanciation physique, n’est-ce pas ? » “ Derrière son comptoir, Lucie (les prénoms ont été changés) lève les yeux au ciel. Quand elle a rouvert les portes de son bar à 20e arrondissement, la jeune patronne s’est efforcée de n’avoir d’ennuis ni avec la police ni avec les habitants : elle n’a agrandi sa terrasse que de cinq ou six tables sur le trottoir d’en face. Mais, même ainsi, elle se sent dépassée par l’enthousiasme des clients : « Ils viennent par groupes de six, puis veulent ramener un ou deux amis. Si on sépare les tables, elles finissent par les rapprocher… »

“Distanciation, les gens s’en moquent”

A 21h, les clients commencent à peine à se détendre et il faut leur demander de se lever : “Ils demandent pourquoi on ferme, s’ils peuvent rester… Ça crée des tensions pour rien, c’est très frustrant”, soupire la jeune femme. “C’est bizarre, n’est-ce pas ?” dit-elle à son collègue qui sert une pinte. Nous avons l’impression que nous pouvons être condamnés à une amende à tout moment pour avoir fait notre travail. “

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