la tentation de l’hôtellerie après la crise du Covid-19

« Ne perdez jamais une crise grave. C’est l’occasion de faire des choses que nous pensions impossibles. “ Le conseil, formulé lors de la crise de 2008 par Rahm Emanuel, alors directeur de cabinet de Barack Obama, n’a pas échappé aux grandes chaînes de l’hôtellerie mondiale. Le secteur, dont la croissance régulière a été écourtée, réfléchit depuis longtemps aux moyens de réduire ses coûts de personnel. La pandémie de Covid-19 lui a peut-être sauvé dix ans, à la fois parce qu’elle a poussé ses salariés au chômage ou dans les bras d’autres employeurs, et parce qu’elle a connu d’autres formes d’organisation.

Les hôteliers avancent lentement sur ce sujet sensible, mais le patron de Hilton, Chris Nassetta, l’a dit sans ambages lors d’une conférence pour les analystes financiers en février : « Dans chacune de nos marques, nous travaillons actuellement à augmenter les marges et à améliorer la productivité, notamment dans les domaines du nettoyage, de la restauration et autres services. Lorsque nous sortirons de la crise, ces domaines généreront plus de marges et nécessiteront moins d’emplois qu’avant Covid-19. “

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Dans l’esprit des dirigeants de Hilton, ces économies pourraient revenir à la fois aux actionnaires et aux employés sous la forme d’une rémunération à l’embauche plus attrayante. L’augmentation du salaire minimum dans l’hôtellerie américaine était déjà en débat avant la pandémie et les difficultés de recrutement actuelles obligent les hôtels à proposer des salaires plus élevés qu’ils ne l’étaient avant la crise.

Polyvalent et mieux payé ?

Sous une autre forme, Sébastien Bazin, PDG de Accor, déclarait, en mai, sur BFM Business, qu’il faudrait « Mieux valoriser le travail [des employés d’hôtels], c’est-à-dire peut-être les payer plus, peut-être les rendre beaucoup plus polyvalents ».

La polyvalence s’est installée dans tous les hôtels pendant la crise. Quel que soit le niveau d’implantation ou l’emplacement, les patrons et les employés ont vécu des tâches auxquelles ils n’étaient pas affectés auparavant, les gestionnaires ayant réduit les coûts au minimum. Ils ont pu mesurer les avantages et les inconvénients.

Selon le baromètre HotStats, le coût de la main d’œuvre par chambre disponible a baissé de 50 % entre 2019 et 2020 de part et d’autre de l’Atlantique. En Europe, cela représente un gain journalier de 26 euros par chambre. De quoi faire saliver le gestionnaires de revenus, chargée d’optimiser la rentabilité d’un établissement, qui pensent que de nombreuses tâches doivent être automatisées.

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