Les restaurateurs s’inquiètent d’un manque de personnel pour la réouverture des salles à partir du 9 juin

Mercredi 9 juin, la brasserie La Coupole, emblème du quartier Montparnasse à Paris, lèvera le rideau et ne le baissera qu’à 23 heures, le nouvel horaire du couvre-feu. Un moment tant attendu pour ses habitués, impatients de retrouver la grande salle Art déco, après sept mois d’inactivité. Jamais vu. En face, La Rotonde, adresse rendue célèbre par Emmanuel Macron qui y a célébré son succès au premier tour de l’élection présidentielle, accueille déjà ses clients depuis le 19 mai.

A cette date, la première phase de la réouverture des bars et restaurants a été initiée. Mais sous conditions. Les consommateurs ne pouvaient s’asseoir qu’en terrasse, la jauge était limitée à 50%, et le couvre-feu fixé à 21 heures Des contraintes strictes qui ont conduit les propriétaires d’établissements à concevoir un programme de redémarrage “À la carte”.

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Et surtout lentement. « Normalement, c’est notre période de fermeture en mai et juin, mais, par respect pour l’aide que nous recevons, nous avons ouvert le restaurant à midi, à partir du 19 mai. Pas le soir, car, chez nous, il fait froid tout de suite », racontent Placida et François Will, propriétaires du restaurant La Chaumière, à Font-Romeu, dans les Pyrénées-Orientales, connu pour ses spécialités catalanes.

Les clients se sont bousculés pour fêter cet allégement des contraintes sanitaires. Trop heureux de revenir au rituel du café, d’un apéritif ou d’une pause repas en terrasse. « Nous nous demandions si de nombreuses personnes qui avaient pu se rendre dans l’Espagne voisine, où les restaurants étaient ouverts, viendraient. Ça s’est bien passé, ils voulaient nous retrouver. Il y a eu un boom, même si nous assistons maintenant à une baisse », ils expliquent.

« Les clients étaient là »

Sans surprise, les bars et brasseries aux grandes terrasses bien situées ont été les grands gagnants de cette première étape. Les terrasses parisiennes bondées l’ont prouvé. Même si la météo a parfois été un spoiler. « Les clients étaient là, mais les établissements devaient parfois fermer en fonction des caprices de la météo, c’est dommage. Il a plu très régulièrement », note Charles Dorémus, propriétaire de la chaîne de restaurants Au bureau, présente dans tout le pays.

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« Pour nous restaurateurs, le vrai démarrage aura lieu le 9 juin, avec l’accueil des clients en salle. Ceux qui avaient une terrasse l’ont un peu bricolée, en attendant », déclare Hubert Jan, président de la branche restauration de l’Union des métiers de l’hôtellerie (UMIH). Dans un premier temps, il n’a ouvert le bar de son établissement Chez Hubert, à Fouesnant, dans le Finistère, que pour renouer le lien avec ses clients. Mais il a décidé d’anticiper un peu le deep end du 9 juin.

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