Le patron de Bosch, Volkmar Denner, passera le relais à Stefan Hartung le 1er janvier 2022

Une page se tourne chez Bosch, le premier équipementier automobile mondial. Volkmar Denner, qui dirige l’entreprise depuis 2012, quittera son poste à la fin de l’année. Il sera remplacé à 1est janvier 2022 par l’actuel directeur du département mobilité, Stefan Hartung, a annoncé jeudi 24 juin le groupe de Stuttgart. Il sera chargé de poursuivre le grand chantier entrepris par M. Denner : la transformation de l’industriel traditionnel emblématique du made in Germany. , poids lourd unique en son genre avec 71,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, mais non coté en bourse, dans un groupe technologique de pointe.

Cette évolution est celle de l’ensemble de l’industrie allemande. Bosch, entreprise dominée par les ingénieurs, est un exemple de cette révolution menée depuis dix ans chez d’autres constructeurs allemands, comme Siemens ou Volkswagen. C’est long et parfois douloureux : il s’agit de nouvelles technologies, mais surtout d’une remise en cause des valeurs traditionnelles allemandes dans l’industrie.

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Là où Bosch se targuait depuis ses origines de traquer les défauts de qualité, quitte à retarder de plusieurs mois la sortie d’une innovation, il a intégré une expérimentation et une prise de risque plus rapides, en s’inspirant des méthodes d’Apple ou d’Amazon. Là où la maîtrise du système mécanique du véhicule était la discipline de pointe, Bosch a mis le logiciel et la connectivité au premier plan. Il a intégré les règles du cloud computing, des applications externes et des plateformes logicielles dans son organisation, quitte à nouer des partenariats avec des groupes qui maîtrisent mieux ces technologies. En février 2021, il s’est associé à Microsoft pour créer une plate-forme de connexion des véhicules au cloud.

En Champion de l’AIoT

Volkmar Denner restera dans l’histoire de Bosch comme celui qui a jeté les bases de cette transformation. « Lorsqu’il a été nommé pour prendre la direction du groupe en 2012, les raisons de ce choix étaient parfaitement claires : il était le seul, à l’époque, à avoir compris les enjeux de la révolution numérique », témoigne un cadre du groupe qui le rencontre régulièrement.

Sa stratégie : équiper tous les objets produits par Bosch de capteurs, afin de les connecter via Internet. C’est l’Internet des objets, ou IoT. Et, au-delà, pouvoir traiter et utiliser toutes les données ainsi collectées, afin de les rendre intelligentes. C’est l’intelligence artificielle (IA). La combinaison des deux technologies (AIoT) devrait permettre à Bosch de maîtriser l’objet physique et le logiciel, ainsi que la connexion entre les deux. Bosch se considère comme un champion de l’AIoT.

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