Festival de Jazz de Heineken 2018 | Telva.com

Mis à jour le 31/07/2018 17:58

Plus de 171 500 personnes ont pu profiter au cours de cette dernière semaine (25-29 juillet) des 105 représentations de la 53e édition du Heineken Jazzaldia et nombre d’entre elles resteront à jamais gravées dans la mémoire des spectateurs. On passe en revue le meilleur du San Sebastian Jazz Festival, un festival rond qui a déjà une date pour sa prochaine édition : du 24 au 28 juillet 2019.

Un an de plus, le Scène verte Heineken, l’emplacement gratuit de la plage de Zurriola, a été une fois de plus le lieu des concerts les plus festifs et massifs du Festival de Jazz de Saint-Sébastien. Les qualités uniques de ce festival sont celles qui motivent la brasserie verte, année après année, à renouveler sa romance avec le jazz et son engagement envers la ville : « Nous collaborons avec Heineken Jazzaldia depuis 22 ans, car c’est exactement le concept de le festival. auquel nous aspirons ; une expérience inclusive et 360. Notre objectif est d’offrir au public des expériences gratuites autour de la musique live qui se déroulent en dehors des lieux classiques. Nous voulons envahir les villes avec de la bonne musique accessible à tous », commente Ins Arnal, responsable de Heineken en Espagne.

Justement, mercredi soir, le Panaméen Lames Rubn a inauguré la 53e édition du Heineken Jazzaldia avec l’étonnant big band de Roberto Delgado, transformant la Zurriola en une jetée Donostiako-tropicale. Au cours du spectacle hilarant de sabrosn, le drapeau de la salsa et icône de la musique latino-américaine a interprété plusieurs de ses classiques et versions splendides : Ara-yue, Regardez ce qui se passe, Todos Volver, Ligia Elena, La façon dont vous regardez ce soir, El Cantante, Juan Pachanga , Pedro Navaja et Muvete. Blades a séduit le public dès qu’il a agité les maracas et les récidivistes du Heineken Jazzaldia assurent qu’un public aussi multiculturel, dévoué et vivant ne se souviendra pas de la scène verte. Plus tard viendra, Too Many Zooz ; Une musique urbaine, impatiente et provocante de ne pas s’arrêter de danser jusqu’à la fin de la fête avec sa Brasshouse, son mélange de soul, funk et jazz qui est né dans les entrailles de New York.

Le lendemain, nous avons fondu avec le délicieux concert de Le Véloso dans l’Auditorium Kursaal ; Moreno, Zeca et Tom se sont révélés être de dignes héritiers du rythme et de la sensibilité du patriarche, nous enchantant par leur offre de talent. Caetano était si heureux qu’il est même sorti pour danser et on dit qu’il a traversé Saint-Sébastien main dans la main avec le réalisateur Fernando Trueba, un fan inconditionnel du festival. Après avoir écouté How beautiful could a being ?, Deusa do amor, T wrote, Oraao ao tempo, A tua presena morena ou Boas vindas, on voit qu’aller à un concert de Caetano Veloso et apprécier sa poésie et son rythme brésilien est toujours aussi o plus puissant qu’un cours accéléré de pleine conscience.

Jeudi, nous avons également découvert Izaro à la scène verte Heineken. C’était un vrai luxe de profiter du concert de la nouvelle star de la chanson basque qui séduit par sa simplicité et sa douceur, depuis la tribune latérale que la brasserie trône sur la scène même dont l’accès est semi-clandestin grâce au Heineken Jazz Club installé dans le espign : un espace VIP au look luxe des années 50, idéal pour se rafraichir entre les concerts.

Puis Gary Clark Jr Il nous a illustré avec sa leçon de blues sexy attention à Bright Lights et sa version acoustique de Things Are Changin’, tous deux inclus dans notre playlist Jazzaldia 2018.

La soirée du 27 juillet sur la Plaza de la Trinidad, fut sans aucun doute l’une des plus gourmandes de cette édition du festival. Le trio d’enseignants composé de Dave Holland, Zakir Hussain et Chris Potter s’est avéré être à son apogée ; totalement immergés et en plein boom créatif, ils ont relevé le banc de La Trini et mis le public debout.

Pour continuer, suivez-les Ccile McLorin Salvant, la jeune promesse du Jazz. Les connaisseurs assurent qu’il n’a pas de limites, sa technique exquise, sa sensibilité, sa sympathie scénique et sa créativité, lui ont valu des ovations fermées du public qui a rempli la place.

Le matin, nous avons eu la chance d’assister au concert du chanteur Mary Stalling au Théâtre Victoria Eugenia, Prix Donostiako Jazzaldia pour cette édition. Sa voix chaleureuse et son élégance sans pareille ont joué dans un splendide concert sans fanfare et au goût exquis. Nous avons beaucoup apprécié ses interprétations de Il n’y a pas de plus grand amour, Se sentir bien, D’instant en instant, je n’ai d’yeux que pour toi, P’tit chéri, j’adore être avec toi ou le People emblématique.

Lors de la conférence de presse qui a suivi, la légende vivante du jazz a déclaré sa dévotion à Ccile -lauréate du Grammy Award du meilleur album de jazz vocal en 2016- : “Sa voix est de l’or liquide”, a-t-il commenté.

Mary Stallings est la troisième femme à recevoir le Donostiako Jazzaldia Award, dans une impasse pendant l’événement, j’ai eu l’occasion de l’approcher pour lui demander comment s’était passée son expérience dans un monde aussi masculin et hermétique que le jazz : « (Women) We C’est toujours plus dur, ma chère, mais quand tu persévères et mets ton cœur dans tout ce que tu fais, à la fin, tu obtiens ce que tu t’apprêtes à faire : l’âme et le travail acharné, c’est la formule pour briser les murs et réaliser les rêves, toutes les filles devraient l’apprendre ».

La nuit, Ccile McLorin Salvant elle-même a reconnu avoir hanté cette conteuse, comme elle se définit, pendant plus d’une décennie ; sa seule obsession avait été de coïncider avec « le jazz Preysler » sur scène, et il y parvint enfin : Mary et Ccile ont soutenu un blues dans le Trini : « Soul and hard work to break wall and complete dreams ».

Le lendemain, un charismatique et énergique Salvador Sobral nous a captivés sur la Plaza de la Trinidad, précédée de rien de moins que Benny Vert. Après avoir assisté à la leçon de Quintette de Kenny Barron À l’Auditorium Kursaal, nous nous sommes enthousiasmés avec Change, Nothing to wait, Pressagio, Near the sea, Loucura, Ready for love again, Nem eu, Something real, Mano a mano et Amar pelos dois. Un sens de l’humour fantastique et un showman splendide : « Le jazz, c’est comme le tabac et la bière ; au début c’est bizarre et ensuite tu aimes ça », a-t-il commenté lors de la conférence de presse. Quelque chose de semblable lui est arrivé à La Trini.

Le vainqueur de l’Eurovision 2017 a avoué que s’ils lui avaient assuré il y a quelques années qu’il figurerait en tête d’affiche de Jazzaldia, il ne l’aurait jamais cru. Il a chanté en espagnol, anglais, portugais, italien et aussi en basque, chantant le Txoria txori, un poème basque écrit par Joxean Artze en 1957 et interprété par Mikel Laboa ; l’auteur-compositeur-interprète basque a été mis à l’honneur dans cette édition à l’occasion du dixième anniversaire de sa mort, figure incontournable de la culture basque contemporaine.

La journée du 29 a été une splendide touche finale pour le Festival. Au Kursaal, l’après-midi Gregory Porter chante le répertoire de Nat « King » Cole, soutenu par un orchestre monumental d’une cinquantaine des plus brillants musiciens du Pays Basque dirigé par Arkaitz Mendoza. Et le soir Yann Tiersen, dans une soirée intime de piano solo. Dans le Trinity, Chick Corea a joué en acoustique avec John Patitucci et Dave Weckl, les musiciens avec lesquels il sympathisait le mieux, et Curtis Stigers, l’un des grands chanteurs du moment.

Mention spéciale pour l’autre récipiendaire du Prix Donostiako Jazzaldia, Michel Portal, qui a donné deux concerts : un avec Vincent Peirani et mile Parisien et un autre en tant qu’invité du projet parisien intitulé Sfumato. Portal, originaire de Baiona, est le doyen des musiciens de jazz basque et une figure très influente du jazz français et européen, car il fut l’un des pionniers qui ont introduit le free jazz en Europe.

La côtelette à Zeruko (Arrandegi Kalea, 10) avec ses poivrons rôtis -de scandale- et ses pommes de terre. Le thon aux olives, anchois et piparra à La Espiga (San Martzial Kalea, 48,) et la bouillie de champignons de saison de Ganbara (San Jeronimo Kalea, 19,), sa tarte au crabe et ses croissants farcis au saumon ou au jambon ils se déchirent. Ne manquez pas non plus les raviolis croustillants à la queue de bœuf d’Antonio Bar (Bergara Kalea, 3,) et la salade russe ; la joue ibérique, la cause du homard ou l’une des spécialités donostiako-péruviennes de Kata 4 (Santa Katalina kalea, 4) et le riz vert aux moules de Zazpi (San Martzial Kalea, 7). Et si vous voulez picorer sans vous tromper, passez à La Cepa (31 août, Kalea, 7).

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