le montage compliqué des montres de luxe offertes aux Bleus en 2018

15 juillet 2018. Extatiques, les joueurs de l’équipe de France défilent sur la pelouse du stade Loujniki de Moscou. Sous une pluie de confettis dorés, les Bleus viennent de soulever la Coupe du monde après leur victoire contre la Croatie. Dans l’euphorie générale, les dirigeants de la Fédération française de football (FFF) souhaitent récompenser les protégés de l’entraîneur Didier Deschamps ainsi que les membres de son staff par une prime en nature. Cependant, les footballeurs apprécient les montres de luxe.

La direction générale de la FFF décide de leur en offrir chacun, gravé à leur nom. A l’automne 2018, elle commande 48 montres à l’horloger suisse IWC (International Watch Co.) pour les remettre aux joueurs de l’équipe de France et aux membres du staff technique, dont Didier Deschamps. Modèles Portugieser Chronographe, avec cadran bleu. Valeur commerciale de la commande : 364 800 euros TTC (soit 7 600 euros l’unité), selon nos informations.

Une initiative en apparence simple. Cependant, l’opération a donné lieu à un montage complexe, qui a suscité malaises et interrogations au sein même de la fédération : selon plusieurs sources, l’habillage donné à ce cadeau pouvait, au choix, être un recel social voire fiscal. , ou l’abus du bien social.

Opération marketing atypique

Presque tout est parti d’un avertissement d’un des avocats de la FFF, qui a prévenu que les Bleus s’exposeraient à un risque fiscal s’ils ne déclaraient pas ces montres dans leurs revenus et qu’ils n’envoyaient pas de factures relatives aux objets à la fédération . La FFF a alors accepté une transaction atypique avec IWC, c’est le moins qu’on puisse dire.

Le dispositif mis en place visait à réduire le risque d’un redressement fiscal, sans l’exclure totalement, selon l’avocat de la FFF. Afin de ne pas faire considérer les montres comme des pourboires à déclarer aux impôts, il s’agissait donc de faire apparaître la remise des objets comme une opération publicitaire.

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Selon la proposition de contrat dont Le monde a été informé, dressé en octobre 2018 par le conseil de la fédération en deux exemplaires originaux, la FFF n’a dû payer qu’un tarif réduit (145 920 euros TTC, au lieu de 364 800 euros), le tout en s’engageant à effectuer des prestations pour l’avantage d’IWC. Le contrat mentionne « Une première coopération ad hoc », avant un éventuel partenariat de mécénat plus ambitieux.

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